Année 2000

 

La compétition dans les looks semble cependant s'estomper au profit de l'éclectisme inspiré de la world music. On notera aussi le succès de la silhouette sportive à l'américaine : survêtement, T-shirt, casquette et chaussures souples, ainsi que le retour aux éléments de mode des années 1980.

Enfin, dans les années 2000, deux tendances antinomiques semblent s'imposer en parallèle : la prééminence absolue des marques d'un côté et la contestation radicale de ces dernières de l'autre.

L'importance de l'aspect même des vêtements s'atténue en effet, tandis que la marque, expression du pouvoir d'achat du consommateur et de l'image ou philosophie de vie auquel il s'identifie, motive de plus en plus les comportements d'achat. La mondialisation et la concurrence ont conduit à la fusion des groupes de l'industrie de la mode et du luxe et à un marketing renforcé. Les nécessités liées à la rentabilité et au retour sur investissement ont augmenté le nombre de collections par an, accéléré le roulement des nouveaux produits, tout en faisant et défaisant les modes en très peu de temps.
En parallèle, on a pu observer un rejet de la mode en tant que stigmate de la consommation à outrance. Au Japon, le mouvement Muji se caractérise par la fabrication et la commercialisation de produits sobres, vierges de tout logo. À l'échelle internationale, la philosophie du No Logo - en référence à l'ouvrage de Naomi Klein paru en France en 2001 - vise à résister aux diktats et aux apparences consuméristes.

La mode contemporaine exprimerait à la fois une certaine attitude grégaire et le rejet de toute appartenance à une catégorie déterminée. L'adolescence est une classe qui n'en est pas une, une classe d'âge éphémère. L'élite des médias semble vivre dans un monde irréel, instable. Il en va de même pour les mannequins.

Les années 2000 semblent propices au rapprochement épisodique de la mode et l'art contemporain. La mode emprunte des références esthétiques et des thématiques développées par les artistes, et joue également un rôle de plus en plus prépondérant dans le financement de leurs œuvres, via le mécénat et les commandes d'œuvres (notamment par Bernard Arnault et François Pinault) pour les lancements de boutiques et de produits.

Dans les années 2010, d'après le ministère de l'Économie, la mode représente en France 130 000 personnes et un chiffre d'affaires de plus d'une trentaine de milliards d'euros par an.